ÓRGIVA, ESPAGNE
EUROPE
janv 2026

COSTA DEL SOL

Détails de l’aventure


Type d’aventure

Bikepacking


Dénivelé positif

6 927m

Pavé

82%

Non-pavé

18%

377 km

Distance parcouru


Durée de l’aventure

6 jours, 7 nuits




‘‘ Il y a deux Costa del Sol. Celle des dépliants — les tours d'hôtels, les terrasses chauffées, les allées de palmiers — et celle qui commence dès que la route quitte le littoral et se met à grimper. C'est cette deuxième Andalousie qu'on est allés chercher en plein mois de janvier : 377 kilomètres et près de 7 000 mètres de dénivelé entre Málaga et le désert de Tabernas, en mélangeant routes de montagne désertes et chemins de gravier, avec tout notre stock sur les vélos et aucune réservation plus loin que le soir même.

Le pari de janvier, c'était la lumière. Pendant que Montréal gelait, l'Andalousie nous offrait des journées de 15 à 18 degrés, un soleil rasant qui dore tout ce qu'il touche, et des routes de cols complètement vides — pas un autobus de touristes, pas un peloton, juste nous, les chèvres et les oliviers. Le compromis : des journées courtes, qui forcent à rouler concentré et à arriver avant la noirceur dans des villages où, certains soirs, le seul restaurant ouvert décide de l'heure du souper. ‘‘

Un homme souriant portant un casque de vélo et une veste noire, en extérieur sur un terrain vallonné, ciel gris.

Votre cycliste certifié

Michaël Couture

Femme en tenue de cyclisme prenant une photo dans un miroir, portant un casque de vélo avec lunettes, en intérieur d'appartement.

Photographe

Myranie Roger-Chabot

Caméra : Ricoh GR III

Une rue pavée étroite avec un homme portant un casque et des vêtements noirs, se tenant près d’un vélo. À droite, plusieurs motos garées, et à gauche, un mur en pierre. Sur la gauche, une maison blanche avec des fenêtres à volets noirs, et à droite, une maison blanche avec un balcon en fer forgé. Le ciel est en partie visible avec la lumière du soleil.
Un cycliste pédale sur une route de montagne entourée de collines rocheuses et de végétation sèche, sous un ciel bleu clair.
[ ITINÉRAIRE COMPLET ]

De Málaga au désert : la Costa del Sol par les hauteurs


Carte et tracé

372 km et plus de 5500 m de dénivelé positif entre la Méditerranée et les contreforts arides de l'Andalousie. Le parcours quitte Málaga par le littoral, flirte avec les plages de Vélez-Málaga et Motril, puis bascule vers l'intérieur : enchaînement de cols, vallées sèches et villages perchés jusqu'aux portes du désert de Tabernas. Un tracé exigeant qui récompense l'effort par des contrastes de paysages rares.


Coups de coeur

Des routes quasi désertes à cette période — on roule des heures sans croiser de voiture. Les villages côtiers coincés entre plages et montagnes, puis le changement de décor complet dès qu'on bascule vers l'intérieur. La montée jusqu'à Lentegí, petit village de campagne dans les hauteurs. Aucune journée ne se ressemble : un jour la côte, le lendemain des pistes de gravel avec vue sur le désert de Tabernas, où on était seuls au monde. Et un sanglier croisé en plein Tabernas, là où on s'y attendait le moins. Mention spéciale aux nombreuses tortillas de papa qui nous ont nourris en soirée.


Où dormir

Pour l'essentiel du parcours, Airbnb couvre largement les besoins — offre abondante dans les villages côtiers et les villes étapes. Seule exception : Lentegí. Ce petit village de montagne, peu touristique, propose très peu d'hébergements; on est passé par Booking pour y trouver une place. À prévoir si tu construis ton itinéraire autour de cette étape.


Logistique

Côté saison, prévoir de l'imprévisible — en janvier, l'annonce de neige à Grenade nous a forcés à revoir l'itinéraire. Le vent aussi est à surveiller : certaines journées, des rafales jusqu'à 100 km/h nous faisaient littéralement tomber du vélo et nous ont obligés à modifier le parcours. La leçon : garder de la flexibilité dans le tracé, la météo andalouse peut basculer vite. Bon point : Málaga est un vrai paradis du vélo, les bike shops vendent des boîtes de transport pour remballer ta monture avant le vol retour.

Itinéraire de l’aventure

Jour 1 : Málaga → Nerja

Distance : 55 km. Dénivelé positif : 141m.
Pavé 80%. Non-pavé 20%.

Côte rocheuse avec plage, palmier en premier plan, montagnes lointaines, ciel clair

On quitte Málaga un lundi matin, les vélos fraîchement remontés de la veille et encore un peu de décalage horaire dans les jambes. Un petit café à 1 euro et hop, les premiers kilomètres se faufilent hors de la ville par le front de mer, entre les joggeurs et les pêcheurs du matin, puis la route s'ouvre enfin : la Méditerranée à droite, les contreforts de la Sierra à gauche, et devant nous, huit jours d'inconnu.

En janvier, la côte roule tranquille — terrasses à moitié vides, plages désertes, et un soleil qui tape juste assez pour rouler en jersey léger, avec le petit coupe-vent le matin.

L'arrivée à Nerja se mérite par quelques faux plats le long des falaises, puis le village apparaît, blanc, accroché au-dessus des criques. Il est de toute beauté. On pousse les vélos jusqu'au Balcón de Europa pour la vue de fin de journée : la mer turquoise en bas, la petite chapelle coincée entre les rochers, et au loin, les montagnes qu'on devra grimper dès demain.

Jour 2 : Nerja → Lentegí

Distance : 47 km. Dénivelé positif : 1180m.
Pavé 100%. Non-pavé 0%.

Vue de maisons blanches avec toits en tuiles rouges,installées à la base d'une montagne rocheuse couverte de végétation forestière.

On longe la Méditerranée pendant les vingt premiers kilomètres jusqu'à Almuñécar. Un petit café-sandwich avant d'attaquer l'ascension dans les montagnes. La mer disparaît derrière nous et on s'enfonce dans les hauteurs. La route est belle, la vue encore plus — la photo de couverture de cette page a d'ailleurs été prise pendant cette montée, à Otívar.

Ici on est en pleine campagne : les épiceries et les restaurants se font rares, et leurs heures d'ouverture ne collent pas toujours à notre progression. On a dû s'arrêter à Otívar pour attendre l'ouverture du seul commerce disponible avant notre logement à Lentegí.

Sacoches remplies de glucides pour notre souper et déjeuner du lendemain, on termine les quatre derniers kilomètres jusqu'à Lentegí. L'ascension est brutale, mais incroyable. La vue sur les montagnes est sans comparaison, et on est seuls au coucher du soleil quand apparaît enfin le village, accroché tout en haut.

Lentegí, c'est une poignée de maisons blanches suspendues au-dessus de la vallée, dominées par le clocher de la Parroquia de Nuestra Senora del Rosario. Pas de touristes, pas de circulation — juste le silence des hauteurs, les ruelles étroites et un panorama qui s'ouvre à 360 degrés sur les sommets. Le genre d'endroit qu'on ne trouve pas par hasard, et qu'on n'oublie pas.

Jour 3 : Lentegí → Órgiva

Distance : 53 km. Dénivelé positif : 957m.
Pavé 98%. Non-pavé 2%.

Un paysage de montagnes verdoyantes avec un ancien aqueduc en pierre au premier plan, des arbres sans feuilles et un ciel nuageux.

On sort de Lentegí au matin, le soleil plombe déjà dans les ruelles étroites, débordantes de fleurs et de verdure. La route reste montagneuse, mais on perd un peu d'altitude en redescendant vers Ítrabo et Molvízar. Après Lobres, on emprunte un petit chemin de gravel qui traverse une rivière, puis on rejoint une route plus large à l'asphalte impeccable, dans une sorte de canyon — beau malgré le trafic plus dense. On suit cette route jusqu'à Vélez de Benaudalla, où on s'arrête manger.

Passé le village, on aperçoit pour la première fois du voyage les sommets enneigés de la Sierra Nevada, visibles depuis la route A-346 en direction d'Órgiva. Les points de vue sur l'eau turquoise de l'Embalse de Rules subliment le parcours qui longe la montagne — la vue ne faiblit jamais. Le ciel se charge peu à peu, la brume monte, la pluie approche. On est alors à quelques kilomètres d'Órgiva, l’ambiance est magique… c’est alors qu’on franchit ce magnifique pont pour rejoindre le village.

Jour 4 : Órgiva → Ugíjar

Distance : 52 km. Dénivelé positif : 1192m.
Pavé 100%. Non-pavé 0%.

Paysage de montagnes avec sommets enneigés, vallées arides et une route serpentant sur le côté.

Au départ d'Órgiva, on se fait accueillir par des vents de 80 km/h, avec des rafales atteignant les 100. On fait les premiers kilomètres à pied — ça nous pousse littéralement hors du vélo. Les sommets enneigés de la Sierra Nevada nous accompagnent encore une partie de la journée. Et, une fois de plus, une route tranquille pour nous seuls.

On s'arrête prendre un café à Torvizcón, beau petit village perché dans les montagnes, où le chien du coin — un gros saint-bernard — nous tient compagnie pendant toute la pause. On voulait manger à Cádiar, mais hors haute saison les restaurants de ce petit village ne sont pas ouverts à l'année : on poursuit la route. Le paysage change à mesure qu'on approche d'Ugíjar — l'ambiance se fait plus désertique, encadrée de magnifiques parois rocheuses.

Jour 5 : Ugíjar → Almería

Distance : 87 km. Dénivelé positif : 1246m.
Pavé 84%. Non-pavé 16%.

Un parleur de vélo roulant sur un sentier à travers une vallée montagneuse avec de nombreux arbres et arbustes, sous un ciel ensoleillé.

On quitte Ugíjar et, passé le premier village, Cherín, on emprunte une petite route en single qui traverse des vergers d'oliviers jusqu'au village d'Alcolea, où on s'offre un café. La route file ensuite vers Laujar de Andarax, dont la petite boulangerie nous sert de halte repas. On pensait avoir vécu la plus belle route de campagne en début de journée. On se trompait.

À Fondón, on bifurque sur une petite route qui grimpe au-dessus de l'axe principal, et là, impossible d'espérer mieux pour rouler : le Camino de las Cartagenas, coup de cœur absolu du voyage. Un beau ruban de gravel encadré de montagnes, où les paysages basculent d'un coup — décor désertique, points de vue saisissants sur le désert de Tabernas. On traverse quelques forêts avant le village d'Instinción, puis s'amorce la longue descente jusqu'à Almería.

Jour 6 : Tabernas

Distance : 49 km. Dénivelé positif : 677m.
Pavé 19%. Non-pavé 81%.

Deux personnes font du vélo dans un canyon rocheux aride.

En raison de vents exceptionnellement forts, nous avons dû revoir notre itinéraire. Avec des rafales de plus de 100 km/h de face, un retour à vélo vers Malaga était impensable. Mais les imprévus font aussi la beauté des voyages à vélo!

Nous avons donc loué une voiture à Almería pour aller passer deux nuits à Cabo de Gata. De là, nous sommes partis une journée à vélo dans le désert de Tabernas, célèbre pour les nombreux films hollywoodiens qui y ont été tournés. Une excellente décision : les paysages étaient magnifiques et nous avons même eu la chance de croiser un sanglier en pleine nature.

Équipements et carburant


Vélo et pneus

Vélo : Cervélo Aspero

Groupe : GRX RX600 2×10 46/30 11/36

Pneus: Schwalbe G-One RS 700×42

Le choix des 700×42 était parfait pour ce parcours — majoritairement asphalte et pavé, avec seulement quelques segments gravel peu techniques. On aurait même pu descendre en 700×38 sans problème, comme ma copine qui roulait en Schwalbe G-One Allround 700×38 : aucune limitation sur tout le trajet.

Un vélo de montagne noir avec des sacs de stockage en marron attachés à la selle et aux guidons, garé contre un mur en pierre blanche usée.

Vêtements

Janvier en Andalousie, ça ressemble à un début d’automne québécois : frais le matin, doux en après-midi, parfois venteux en altitude. On a bien fait de ne pas sous-estimer. Dans les sacs : coupe-vent, veste isolante, imperméable, leg warmers, arm warmers, gants, shoe covers et cache-cou.


Sacoches et accessoires

Sac de guidon : Arkel Burrito 4.5L

Sac de selle : Arkel Seatpacker 15L

Pour un voyage en Airbnb sans nuit en autonomie, cette combinaison trois sacs pour un total de 24L est amplement suffisante. Pas besoin de surcharger — on avait de la place et rien ne manquait.

Un homme faisant du vélo à travers une rivière en montagne, portant un casque blanc et une veste noire.
Une photo montrant un vélo avec une selle noir et un sac attaché, posé contre un arbre en extérieur, avec un casque blanc suspendu à la partie avant du vélo.

Alimentation et hydratation

L'Andalousie facilite vraiment la vie côté ravitaillement : clémentines et oranges fraîches achetées directement dans les villages traversés, arrêts dans les petits bars locaux pour le café pour les dîners. Le réseau de villages est suffisamment dense pour ne jamais être pris au dépourvu. Bémol important : les fins de semaine et en pleine journée, plusieurs épiceries et restaurants des petits villages sont fermés. Toujours partir avec plus de provisions que prévu.

Une collection de mandarines oranges avec quelques feuilles vertes.